Après la tempête, les paludiers font les comptes, on n'en parle parle peu dans la presse et pourtant !
mercredi 03 mars 2010 Des marais salants submergés.

Une société de conditionnement de sel inondée dimanche matin.
Les paludiers ont perdu gros. 700 hectares de marais inondés.
Chez les paludiers, l'inquiétude a persisté jusqu'à hier.
Avec un coefficient de 116 attendu, mardi à 6 heures, on s'inquiétait :
comment allait réagir la digue ?
Déjà près de 700 hectares de marais salants ont été inondés, transformant une partie du bassin de Guérande en lac : cela représente un travail supplémentaire pour le paludier qui devra
consolider toutes ses salines. Parfois, ce sont les stocks des paludiers qui ont pris l'eau de mer. Dans 40 cm d'eau de mer.
La société Bourdic Le Paludier, du groupe Les Salins du midi, un des grands producteurs de sel guérandais après la coopérative, a perdu près de 350 000 € dimanche matin :
toute son usine de Batz-sur-Mer, en bordure de marais, a baigné dans 40 cm d'eau salée : les stocks de big-bags de sel, les produits finis, les machines de conditionnement.
La galère.
Il a fallu 45 pompiers, dimanche, pour tout dégager.
Une centaine de tonnes de sel dénaturée, c'est une semaine de production et de conditionnement qui disparaît.
« Le groupe nous aidera à tenir le coup », souligne avec espoir le responsable d'exploitation, Bertrand Babarit. N'empêche. Avec la production d'une soixantaine de producteurs indépendants et
onze permanents, la SAS Bourdic se retrouve dans une vraie galère.
Solidarité à l'usine.
Mais du personnel a déjà joué la solidarité, venant spontanément prêter main-forte dimanche matin, pour déblayer l'usine. Y aura-t-il du chômage technique :
« je ne peux pas le déterminer aujourd'hui mais j'espère que non. Cela dépendra du temps qu'il faudra pour réparer les machines de conditionnement. Le personnel s'est aussi spontanément
proposé pour prendre des jours de congé durant cette période.... »
Ouest-France / Pays de la Loire / La Baule-Escoublac / A la une de la Baule Escoublac

RAPPEL :
Un métier :
paludier Depuis des siècles, les paludiers sont les héritiers et les gardiens d’un patrimoine unique.
Etre paludier c’est être magicien : de la goutte d’eau, extraire le grain de sel.
Le métier de paludier est une des rares professions agricoles qui utilise une technique exempte de mécanisation et d’apport de produits chimiques.
Cette technique de production artisanale permet à la fois de produire un sel de qualité et de préserver un site exceptionnel.
Une passion au fil des saisons
Si le sel se récolte l’ETE, la récolte se prépare dès l’hiver et le bon fonctionnement d'une saline nécessite un travail tout au long de l’année : seul ou collectivement, le paludier adapte
son travail au rythme des saisons.

L’HIVER
Pour protéger les salines du gel et des intempéries, le paludier les recouvre d'eau. Cette saison est entièrement consacrée au curage (rayage) des vasières, à l’entretien des talus
(renforcement, coupe de la végétation) et au nettoyage des chenaux d’alimentation et d’évacuation.
LE PRINTEMPS, Début mars
il faut vider (algir) les salines et les bassins de l'eau de pluie accumulée, puis évacuer la vase et les algues tout en reconstituant les digues d’argile (ponts) qui constituent le circuit
hydraulique de la saline. C’est aussi l’époque des travaux collectifs de réfection complète (chaussage), tous les 25 ans, d'un groupe d'oeillets (lotie).
L’ETE

C’est la récolte de sel. 50 à 60 œillets sont en moyenne exploités par un paludier (ce qui représente une superficie de 3 à 4 ha) et nécessite de longues journées de travail. La production
est cependant très variable en fonction de l’ensoleillement, des vents et de la pluviométrie.
A Guérande, il faut un bon vent d’Est pour une bonne fleur de sel qui est récoltée le soir pour éviter la rosée.
L'AUTOMNE
Une fois le sel «roulé», c'est-à-dire mis à l’abri pour l’hiver, le rythme de travail ralentit jusqu’à mi-novembre.
Une période de repos qui peut cependant être interrompue en cas de grande marée pour protéger les salines. A Guérande, un paludier exploitant produit à lui seul, en moyenne, entre 60 et 90
tonnes de gros sel et de 2 à 3 tonnes de fleur de sel par an ! Mais cette production varie beaucoup en fonction des conditions climatiques (de 0 à 200 tonnes de gros sel)!
Reférence des photos Hjamac Dahn pour la 2 et la 3 salines de Guérande
Pascal Francois pour la 4è Salines de Guérande
merci à eux pour ces belles
http://www.salinesdeguerande.seldeguerande.com/
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